• Les leucodystrophies, c'est quoi ?
Mot d'origine grecque : leukos (blanc), dys- (trouble), trophê (nourriture).
Le terme de leucodystrophie se rapporte à un groupe de maladies d'origine génétique affectant la myéline du système nerveux central. La myéline constitue la substance blanche du cerveau et de la moelle épinière. Elle enveloppe la fibre nerveuse à la manière d'un câble électrique : c'est elle qui permet la bonne conduction des messages nerveux. Dans les leucodystrophies, cette myéline peut avoir des problèmes pour se former ou pour se maintenir. Parfois, on remarque au contraire une hypermyélinisation.
En France, les leucodystrophies concernent cent soixante naissances par an (trois par semaine).• Les leucodystrophies menacent
Ils sont bien portants mais menacés...
De gauche à droite : Jordan (10 ans) et Clément (15 ans) sont atteints d'ALD. Actuellement, ils suivent un régime strict mais vivent le plus normalement du monde malgré l'Epée de Damoclès au-dessus de leur tête.
Troubles de la marche, de l'équilibre, perte de la motricité, paralysie totale : les manifestations neurologiques surviennent à tout âge.
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Benjamin, 16 ans, est atteint d'une leucodystrophie non identifiée qui l'oblige à vivre en fauteuil depuis plusieurs années. |
•Les leucodystrophies détruisent
Elles peuvent entraîner progressivement cécité, surdité, perte de la parole, impossibilité de s'alimenter normalement jusqu'à un état végétatif irrémédiable.
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Julien, un an après sa greffe de moelle qui hélas n'a pas empêché la maladie de progresser. |
• Les leucodystrophies tuent
Il n'existe pour l'instant ni remède efficace, ni traitement définitif.
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Amandine, 4 ans |
Rémi, 6 ans |
Nicolas, 16 ans |
David, 37 ans |
En leur mémoire et pour tous les malades encore en vie, nous avons le devoir d'agir... et vite !
Manifestations cliniques
Les manifestations neurologiques surviennent à tout âge, et sont le plus souvent progressives :
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troubles des fonctions intellectuelles (compréhension, mémoire, comportement),
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troubles des fonctions sensorielles (vision, audition),
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troubles des fonctions motrices (marche),
- trouble de l'équilibre.
En l'absence de traitement, toutes ces manifestations s'aggravent plus ou moins rapidement : paralysie totale, cécité, surdité, impossibilité de
parler et de s'alimenter normalement. L'évolution des leucodystrophies est cependant très variable d'une forme à l'autre et d'un patient à l'autre.
Diagnostic
Des tests existent pour un certain nombre de leucodystrophies et permettent de mettre en évidence dans le sang, les urines ou à partir d'une biopsie de la peau, les modifications
biochimiques ou génétiques caractéristiques de la maladie. On peut donc les dépister de plus en plus tôt et même proposer un diagnostic prénatal. Ceci est très important si on veut espérer prévenir la maladie ou la traiter
précocement.
Physiopathologie
Chaque anomalie génétique entraîne une modification de la gaine de myéline. Cela peut se traduire soit par l'absence d'un constituant essentiel de la
myéline, soit par l'accumulation excessive de métabolites. Dans tous les cas, ces modifications perturbent la fonction de cette myéline. Les messages nerveux ne sont plus transmis normalement. Ainsi, à titre d'exemple,
s'il s'agit de la région du cerveau qui traite les images, cela peut se traduire à la longue par une cécité partielle ou totale alors que l'organe de la vue (l'oeil) est parfaitement
intact.
Recherche
L'isolement du gène peut être considéré comme une première étape dans l'identification de la protéine déficiente. La purification de celle-ci pourrait déboucher sur une solution pharmacologique dans certaines leucodystrophies.
Le remplacement des gènes déficients (thérapie génique) est déjà à l'étude pour trois de ces leucodystrophies (adrénoleucodystrophie, leucodystrophie métachromatique et maladie de Krabbe).
Envisager la reconstitution de la myéline détruite constitue pour le long terme un réel espoir et fait actuellement l'objet de recherches actives (Projet Myéline et autres).
Un effort particulièrement important doit être développé pour identifier les mécanismes biochimiques et génétiques qui sont responsables actuellement d'au moins 30 % de
leucodystrophies sans cause (leucodystrophies non identifiées).