Prague (en tchèque Praha ) est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque. Elle est également à la fois l’une des quatorze régions de la République tchèque et la capitale de la Bohême-Centrale. Elle est traversée par la Vltava (Moldau en
allemand).
La ville aux cent clochers (qualificatif approximatif : Prague compte en réalité 550 tours) a miraculeusement échappé aux destructions de la Seconde Guerre mondiale et offre de l'architecture mêlant
les styles roman, gothique, baroque, rococo, Art nouveau et cubiste. Depuis 1992, le centre ville historique est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
La région de Prague est peuplée dès le paléolithique.
Comme le reste de la Bohême, Prague est tout d'abord habitée par les Boïens, un peuple celte qui arrive ici aux environs de l'an -200 et qui occupe un
campement au sud de la ville actuelle appelé Závist. La Bohême tient son nom de ce peuple. Ils sont supplantés dans la région par les Marcomans, une tribu germanique puis les Avars les remplacent avant de partir vers
l'ouest sous la pression des Slaves qui s'y installent au VIe siècle.
Selon la légende colportée par Cosmas de Prague, la ville est fondée par la princesse Libuše et son mari Přemysl, également fondateur (mythiques) de la dynastie
des Přemyslides. Que la légende soit vraie ou fausse, des fouilles archéologiques attestent de la présence humaine
au IXe siècle sur les hauteurs de Vyšehrad, sur la rive droite de la Vltava, et celles du futur Château de Prague sur la rive
gauche.
La première trace écrite mentionnant Prague date de 965 et est le fait d'un marchand juif d'Andalousie, Ibrahim ibn Ya'qub. La ville devient évêché en 973.
En 1170, Vladislav II fait
construire, en bois, le premier pont sur la Vltava, le pont de Judith qui, écroulé en 1342 sera remplacé par un pont de pierre, le célèbre pont Charles.
Otakar II fonde Malá
Strana en 1257 qui reçoit alors une charte municipale et héberge la communauté allemande qui s'autoadministre selon les droits de Magdebourg. Sur l'autre rive de la Vltava, la Vieille Ville de Prague se développe autour de son noyau historique de Týn et est peuplée de Tchèques et d'une communauté juive dans ce qui deviendra Josefov ; en
1270, la Synagogue Vieille-Nouvelle est construite.
La ville connait son apogée avec le roi de Bohême et futur empereur germanique Charles IV qui fait édifier le pont Charles (1357), la
cathédrale Saint-Guy de Prague (1344), fonde en avril 1348 l'université Charles, la première université allemande,
et étend la ville à l'est et au sud pour créer la Nouvelle Ville (1347) qui double la superficie de la
Vieille-Ville.
En 1355, Charles IV fait de Prague la capitale du Saint Empire romain germanique. En 1378, dernière année du règne de
Charles IV, Prague compte 40 000 habitants, ce qui en fait la troisième ville la plus peuplée d'Europe.
Prague est alors un centre culturel et religieux de première importance et c'est ici que naissent les premiers balbutiements de la Réforme avec Jan Hus qui prêchant en la Chapelle de Bethléem contre les abus de la hiérarchie catholique, en particulier contre le trafic des
indulgences. Sa mort, en 1415, sur le bûcher, lors du concile de Constance met le feu aux poudres en Bohême et marque le début des croisades contre les Hussites qui mettent un terme à cette expansion urbaine.
En 1419, les Hussites prennent le contrôle de la ville, l'empereur Sigismond envoie
une armée pour reprendre possession de la ville mais celle-ci est défaite. Ce n'est qu'à la bataille de
Lipany, en 1434, que les Pragois seront mis en déroute. Toujours insoumise, la diète de Bohême, réunie dans l'hôtel de ville de la
Vieille-Ville, élit pour roi Georges de Poděbrady le 27 février 1458. Préférant un souverain slave plutôt qu'un Habsbourg, la diète élit Vladislas Jagellon en remplacement de Georges Ier.
Mais la fille de Vladislav IV, Anne Jagellon épouse Ferdinand d'Autriche, selon un accord dynastique arrangé par Maximilien Ier du Saint Empire en 1515, et la ville repasse bientôt sous domination habsbourgeoise.
Sous les Habsbourg, Prague balance entre des mouvements sporadiques de révolte (celle de la diète des États de Bohême en
1547 par exemple, réprimée par Ferdinand Ier) et de soumission, le plus souvent imposée. En conséquence, les privilèges municipaux, son influence politique et son
indépendance vont en diminuant tout au long de la période.
De 1583 à 1612, sous le règne de Rodolphe II du Saint-Empire, elle est de nouveau capitale impériale et connait une ère de prospérité culturelle à laquelle met
fin la seconde défenestration de Prague en 1618 qui déclenche la guerre ouverte de la
noblesse tchèque, largement protestante, envers le pouvoir impérial (et catholique) des Habsbourg et, au niveau européen, la guerre de Trente Ans.
La défaite des armées tchèques à la bataille de la Montagne Blanche en novembre
1620 et la décapitation, place de la Vieille-Ville, des vingt-sept meneurs de la révolte marquent, pour longtemps, la fin des espoirs d'indépendance des États de Bohême.
Au niveau religieux, la Contre-Réforme bat alors son plein, les Tchèques protestants (dont le plus célèbre
est sans conteste Comenius) sont contraints de se convertir ou de s'exiler. Au niveau politique, en 1627, Ferdinand II annule la Charte de Vladislav Jagellon (1500) et impose la Nouvelle Charte des États de Bohême (en allemand, Verneuerte
Landesordnung, en tchèque, Obnovené zřízení zemské) qui impose la germanisation de l'enseignement et de l'administration.
La paix de Prague y est signée en 1635 entre
l'empereur et certains princes allemands protestants. En 1648, à la fin de la guerre de Trente Ans, la rive gauche de la ville
(Hradčany et Malá Strana) est envahie et
pillée par les armées protestantes suédoises peu avant que les traités de Westphalie ne mettent
fin aux hostilités qui ont mis l'Europe centrale à feu et à sang.
S'ensuit un siècle de paix qui voit la ville s'embellir avec l'édification de chefs-d'œuvre baroques comme l'église Saint-Nicolas de Malá Strana, les palais Kinský et Šternberk, l'archevêché de Prague et l'achèvement baroque du Château de Prague.
En 1741, la guerre de
Succession d'Autriche voit l'arrivée des troupes de Frédéric II de Prusse, alliées à
l'armée française du Maréchal de Belle-Isle qui mettent
le siège et prennent la ville. Peu après, lors de la guerre de Sept Ans, la bataille de Prague, le 6 mai 1757 marque la victoire des Prussiens sur les
Autrichiens et les Russes mais, malgré leur victoire, les Prussiens ne peuvent s'emparer de Prague.
Le 12 février 1784 est une date importante dans l'histoire de Prague : elle naît alors officiellement de la fusion des quatre villes originelles que sont
La « métropole royale de Prague » (son nom officiel, Královské hlavní město Praha en tchèque) est la seconde ville de l'Empire avec soixante-seize-mille habitants et 143
hectares. Josefov, le ghetto juif au sein même de la Vieille Ville conserve encore un statut séparé et autonome.
En 1848, toute l'Europe démocratique se soulève contre ses monarques et Prague est l'un des centres les plus radicaux en la matière.
Cependant, le prince de Windisch-Graetz entre dans la ville le le 27 juin
1848, et dissout dans le sang la Diète tchèque.
Comme beaucoup de capitales européennes, Prague absorbe ses banlieues lors de l'explosion urbaine du XIXe siècle : Josefov en 1850, Vyšehrad en 1883 puis Holešovice et Bubny un an plus tard suivis de Libeň en 1901, donnant naissance à un ensemble de douze districts s’étendant sur 496 km²[1].
Prague, où se côtoient toujours et s'affrontent souvent Tchèques, Allemands et Juifs, devient un véritable « bouillon de
culture ». La rivalité entre les communautés marque l'architecture de la ville : au Théâtre national tchèque (projeté dès 1844, achevé en 1881) fait pendant le Neuer Deutscher Theater (1883-1888); la Galerie nationale à Prague abrite, depuis 1796, les collections de la noblesse (pro-allemande) de Bohême ? qu'à cela ne
tienne, les Tchèques fondent en 1818 leur Musée patriotique de Bohême. Le Rudolfinum, offert en 1885 à la « nation tchèque » par la première banque du royaume de Bohême est, sage compromis, dédié
au prince-héritier Rodolphe de Habsbourg.
Les fortifications du Moyen Âge sont progressivement abattues pour faire place à une ville en pleine croissance (elle atteint le demi-million d'habitants à la fin du siècle). Les Tchèques
prennent peu à peu le pouvoir et leur revanche : ils ont la majorité du premier conseil municipal en 1861.
En 1884, la municipalité met en place un plan de régulation de la Vltava et entreprend, en parallèle, l'assainissement du quartier de Josefov, peu ou prou rasé et reconstruit selon des critères hygiénistes avec rues
larges, tout-à-l'égout, gaz, etc. Quelques années plus tard, elle se dote du tramway.
Avec l'indépendance de la Tchécoslovaquie, proclamée le 28 octobre 1918, Prague redevient capitale et nombre de rues sont rebaptisées.
La ville est modernisée et étendue. En 1922, la Grande Prague est fondée qui englobe ses faubourgs jusqu'alors indépendants
comme Vinohrady, Žižkov, Dejvice, Smíchov, Střešovice ou Košíře. Elle connait un développement urbain
sans précédent, se voit adjoindre nombre de théâtres, un aéroport à Kbely, la place Venceslas est refaite, en 1928, pour faire place au trafic automobile, la cathédrale Saint-Guy est achevée en 1929 à temps pour fêter dignement le millénaire de la mort de saint Venceslas.
La crise de 1929 ralentit ce développement sans pour autant l'arrêter. L'aéroport de Praha-Ruzyně est alors mis en service. En 1938, Prague compte un million d'habitants.
Le cubisme connaît une vogue toute particulière grâce à des architectes comme Pavel Janák, Josef Gočár ou Josef Chochol qui créent ce style
typiquement tchécoslovaque : le rondocubisme. Un quartier entièrement cubiste se construit à Vyšehrad.
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Prague accueille les réfugiés tchèques expulsés des Sudètes rattachés au Troisième Reich suite aux accords
de Munich. Le 15 mars 1939, la Bohême-Moravie est conquise dans son intégralité et Adolf Hitler parade au Château de Prague. Les universités et grandes écoles sont fermées et les manifestations estudiantines
réprimées dans le sang. Le 27 mai 1942, dans Hradčany, un attentat coûte la vie au SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich, surnommé « le bourreau ».
Prague perd une part importante, sinon en nombre du moins en ce qu'elle participait indéniablement au rayonnement culturel de la ville, de sa population. Exilés, suicidés (comme le poète
Jiří Orten) ou déportés au camp de concentration de Theresienstadt ou ailleurs, la communauté juive
de Prague est - littéralement - décimée.
Le 5 mai 1945 éclate la Libération de la ville par une Résistance largement improvisée autour d'un Conseil national tchèque (Česká národní rada ou
ČNR) qui prend la tête de l'insurrection. Le 8 mai, les troupes allemandes capitulent et selon des accords préalables,
l'Armée rouge « libère » Prague le 9 mai 1945.
Peu après la Seconde Guerre mondiale, le Parti communiste tchécoslovaque
monte en puissance. Les élections de 1946 et de 1948 donnent la majorité
aux communistes à Prague qui y organisent, en février 1948 le coup de Prague.
Un impressionnant monument à la gloire du camarade Staline est construit sur le front du Parc de Letná : ouvriers, kolkhoziens et soldats se pressent derrière le « petit père des
peuples » en un ensemble, sinon grandiose, du moins impressionnant.
En 1960, une nouvelle sectorisation de la ville est adoptée (de 1 à 10), laquelle est encore largement en place aux débuts du
XXIe siècle et quatre villes de banlieue supplémentaires sont absorbées par la métropole. La décennie des années soixante est surtout marquée par un programme de
construction massif dans les banlieues où la construction en panneaux préfabriqués fait surnommer les HLM tchécoslovaques panelák (mot construit à partir du mot « panneau »).
En 1968, le Printemps de Prague marque la
ville de façon éphémère, il est écrasé en août par les tanks des armées du Pacte de Varsovie. L'aéroport de Praha-Ruzyně voit atterrir les avions russes avec des équipements de combat. Les
Pragois improvisent une résistance et des combats ont lieu, en particulier autour de la radio-télévision
tchécoslovaque et du musée national tout proche. Le XIVe
congrès du PCT marque la fin des hostilités, du Printemps de Prague et le
début de la Normalisation en Tchécoslovaquie.
En 1969, Prague devient la capitale de la République socialiste tchèque, l'une des deux républiques de la République socialiste
tchécoslovaque (dont elle reste la métropole) qui se transforme en une fédération sans que son nom, cependant,
ne soit changé.
Mais ces années sombres au niveau politique et stagnantes au niveau
économique n'empêchent pas la ville de continuer sa croissance. Le projet, presque centenaire, du métro de
Prague et celui de la magistrála, la voie rapide qui traverse la ville sont mis en œuvre. Le pont de Nusle joint les deux projets en faisant passer le métro sous l'entablement du
pont routier.
Les années 1980 voient quelques grands travaux entrepris pour équiper ou embellir la ville : le théâtre national de Prague est restauré et rouvert en 1983, le
Palais des congrès ouvre ses portes et le quartier de Pankrác se couvre de tours
plus ambitieuses (et plus vides) les unes que les autres. À Žižkov, la tour d'émission de la radio-télévision
tchécoslovaque est alors édifiée et reste à ce jour le point culminant de la ville.
La Révolution de velours, en 1990,
marque pour Prague comme pour le reste du pays un grand changement : les signes du pouvoir communiste sont supprimés et le nom de certaines rues, places ou stations du métro sont « démocratisés ». Le pape Jean-Paul II et le président George Bush
honorent la ville de leur visite.
En 1992, le centre historique de la ville est inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Au 1er janvier 1993, elle devient
la capitale de la République tchèque.
Une réforme administrative, en 1995, définit une nouvelle segmentation des différents arrondissements de la ville qui deviennent plus
autonomes. Vers la fin des années 1990, les banlieues voient l'éclosion des premiers centres commerciaux sur
le modèle de ceux de l'ouest.
En 2000, Prague est nommée capitale européenne de la culture. En septembre de la même année, le sommet du Fonds monétaire international se réunit au palais des congrès de Prague, ce qui provoque nombre de manifestations de la part des mouvements
anti-globalisation (essentiellement étrangers) qui affrontent la police durant toute la semaine. Un an plus tard, en octobre 2001, les chefs d'État de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord se réunissent dans la ville, ceci ainsi que le déménagement du
siège de Radio Free Europe, entraînent des mesures de sécurités exceptionnelles qui paralysent partiellement
la ville.
La crue « bimillénaire » de la Vltava, en août
2002, nécessite l'évacuation de parties entières de la ville : Karlín, Holešovice ou le bas de Malá Strana se retrouvent sous les eaux.
Si le métro de Prague est alors, lui aussi, inondé et mis hors service pour environ six mois, cela a lieu
au milieu de la nuit et on ne déplore aucune victime. Par chance également, la Vieille Ville est protégée par des barrières anti-inondations et, contrairement aux inondations précédentes, reste
hors d'atteinte des eaux.
Le Championnat du monde de hockey sur glace 2004 se
partage entre Prague et Ostrava, la ville se voit alors dotée d'un nouveau complexe sportif, la Sazka Arena dans Vysočany.
Prague est une ville très touristique. La beauté de la ville lui a valu l’admiration de nombreux poètes et artistes, de
Chateaubriand à André Breton, qui la considérait comme la « capitale magique de l’Europe ». La majestueuse Vltava, le relief et ses belles demeures
baroques (dont le palais Wallenstein ou
le palais Clam-Gallas), les bâtiments de la sécession viennoise (comme la maison municipale)
la font parfois ressembler à un décor de théâtre.
La ville est une destination touristique de premier plan en Europe et environ 2 millions de visiteurs par an y font un séjour, généralement entre Pâques et septembre.
Malá Strana, le quartier du Château [modifier]
Parmi les sites touristiques, on compte le célébrissime pont Charles qui relie la Vieille Ville à Malá Strana où l'on peut admirer le château avec la cathédrale Saint-Guy et la Ruelle d'or qui tire son nom des alchimistes, le mur de John Lennon en face de l'ambassade de France, le
cimetière de Vyšehrad, la place Venceslas, la villa Müller, etc.
Comme le zoo de Prague sis dans la banlieue de Troja, le centre historique a été assez endommagé par les inondations d'août 2002.